Cirque de Cilaos à La Réunion

Cirque de Cilaos : vins, thermalisme et grands espaces

Le cirque de Cilaos est d’abord connu pour ses sentiers de randonnée et ses panoramas sur le Piton des Neiges. Il mérite pourtant d’être découvert sous un autre angle : celui d’un territoire façonné par l’activité volcanique de l’île, qui a donné naissance à la fois à des sources thermales exploitées depuis le XIXe siècle et à un vignoble d’altitude unique en France. Randonnée, thermalisme et viticulture composent ainsi trois visages complémentaires d’un même cirque, qu’une https://transcontinents.com peut aider à intégrer pleinement dans la préparation d’un séjour à La Réunion.

Une source thermale découverte au XIXe siècle

L’histoire thermale de Cilaos débute en 1815, lorsque le chasseur de cabris Paulin Técher repère des eaux chaudes émergeant de la roche volcanique du massif. Cette découverte reste d’abord informelle : ce n’est qu’à partir de 1837 que les premiers bains sont creusés directement dans la roche pour permettre une exploitation plus régulière de ces eaux thermominérales. Il faudra ensuite plusieurs décennies pour que cette ressource fasse l’objet d’une reconnaissance officielle progressive, jusqu’à son classement en eaux minérales naturelles par un arrêté ministériel de 1972, consacrant juridiquement des propriétés thérapeutiques exploitées de façon empirique depuis plus d’un siècle.

Les thermes d’aujourd’hui, seul établissement de l’île

L’établissement thermal actuel, baptisé Irénée-Accot, a été construit en 1987, après la destruction du précédent bâtiment par un cyclone survenu en 1948. Il constitue aujourd’hui le seul établissement de cure thermale en activité à La Réunion, alimenté par deux sources aux propriétés bien distinctes, toutes deux issues des profondeurs du massif volcanique du Piton des Neiges. La source Irénée, à environ 37°C, alimente les soins externes, tandis que la source Véronique, à une température plus modérée de 29 à 31°C, est réservée aux cures de boisson. Ces eaux carbogazeuses à dominante bicarbonatée, captées en profondeur pour préserver leur pureté, restent au cœur de l’activité thermale du site depuis sa reconstruction à la fin des années 1980.

Un vignoble d’altitude unique en France

Le second visage singulier de Cilaos tient à sa viticulture. La vigne est introduite à La Réunion dès 1665 par les premiers colons venus s’installer sur l’île, mais c’est à Cilaos, en raison de l’altitude et du climat particulier du cirque, que cette culture trouve son terrain le plus distinctif. La structuration moderne de la production intervient beaucoup plus tard, avec la création de la cave coopérative du Chai de Cilaos en 1992, qui organise pour la première fois la production locale à une échelle collective. Le vignoble se compose de cépages nobles, parmi lesquels le chenin, dont la première vendange officielle remonte à 1996. Aujourd’hui, le vignoble de Cilaos revendique le titre de plus haut vignoble de France, une particularité directement liée à l’altitude du cirque qui l’accueille.

Une viticulture qui a connu des soubresauts récents

La production viticole de Cilaos n’a pas suivi une trajectoire linéaire depuis sa structuration en 1992. La coopérative historique du Chai de Cilaos a fermé en 2015, confrontée à des difficultés financières importantes. La production locale a néanmoins été relancée à partir de 2019, lorsqu’un collectif de vignerons a repris le site pour le transformer en vendangeoir privé, fédérant aujourd’hui une dizaine de producteurs locaux autour d’une structure commune de vinification. Cette évolution illustre la fragilité économique d’une viticulture pratiquée dans des conditions géographiques exceptionnelles, mais aussi sa capacité à se réinventer plutôt qu’à disparaître.

Un cirque à explorer autrement que par la seule randonnée

Au-delà des sentiers qui font la réputation de Cilaos, la Maison des Vins constitue un point d’entrée privilégié pour découvrir la production viticole locale et ses cépages d’altitude, tandis que les thermes Irénée-Accot offrent une étape de détente distincte de l’effort physique associé à la randonnée. Ce cadre de hautes montagnes, qui a permis l’émergence d’un thermalisme et d’une viticulture aussi singuliers, reste par ailleurs un terrain privilégié pour la marche, les deux univers, patrimoine et nature, se complétant plutôt que s’opposant dans la découverte du cirque.

Un cirque aux multiples facettes

Entre patrimoine thermal remontant au XIXe siècle, terroir viticole singulier né des conditions géologiques du Piton des Neiges, et grands espaces propices à la marche, Cilaos se prête à une découverte qui dépasse largement le seul aspect randonnée, entre repos, dégustation et effort physique selon les envies de chaque voyageur.